1982 : Nouvelle règlementation pour la 50ème édition

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Röhrl et Geistdorfer sur Opel Ascona 400

La réglementation des groupes dans le rallye change.  Les « groupe 1 » (voitures de Tourisme de série – 5 000  exemplaires construits en 12 mois consécutifs), « groupe 3 »  (voitures de Grand Tourisme de série – 1 000 exemplaires  construits en 12 mois consécutifs) disparaissent. Quant aux  « groupe 2 » (voitures de Tourisme – 1 000 exemplaires  construits en 12 mois consécutifs), « groupe 4 » (voitures  de Grand Tourisme – 400 exemplaires construits en 24 mois  consécutifs) sont gardés à titre transitoire. En remplacement,  il est créé les « groupe N » (voitures de Tourisme de grande  production de série – 5 000 exemplaires), « groupe A »  (voitures de Tourisme de grande production – 5 000  exemplaires), « groupe B » (voitures de Grand Tourisme –  200 exemplaires).

Pour cette 50e édition, la participation n’est pas aussi  riche qu’on l’espérait. Nombreux sont les « ténors » absents :  Vatanen (Champion du Monde en titre), Toivonen, Alen,  Salonen, Kullang, Eklund, Ragnotti, Darniche, Bettega…  Heureusement, quelques « gros bras » sont présents :  Mikkola et Michèle Mouton (Audi Quattro 310 ch), Röhrl  et Kleint (Opel Ascona 400 moteur 260 ch préparé par  Cosworth), Fréquelin, Thérier, Waldegaard (Porsche 911 SC  Alméras 300 ch), Andruet (Ferrari 308 GTB 310 ch), Saby  et Snobeck le pistard (Renault R5 Turbo privée 200 ch).

Mikkola – Hertz sur Audi Quattro

En ce début de saison, outre l’absence de certaines  voitures du groupe B (les futures reines du rallye) indisponibles,  la raison principale du manque de participation  est la présence des Audi Quattro officielles. Leurs trois  victoires en 1981 (San Remo, Suède, RAC) impressionnent  la concurrence et la découragent d’autant plus que le Rallye  Monte-Carlo est une épreuve propice aux exploits des  voitures à quatre roues motrices.

Une fois encore, les absents ont tort. Cette année, les  routes sont désespérément sèches et les voitures à deux  roues motrices ont leur chance. Dès les premières spéciales  du parcours de classement, Fréquelin, qui se plaint des  réglages de sa Porsche, comme Thérier, et Röhrl se montrent  les plus performants. Cela se confirme par la suite puisque,  sur neuf spéciales disputées, l’Allemand en remporte six,  dont une ex æquo, et le Français deux. Les Audi ne se sont  imposées qu’à deux reprises (dont une fois ex æquo), grâce  à Mikkola qui a connu des malheurs avec une crevaison  entraînant la rupture d’un demi-arbre de roue. Deux autres  pilotes se distinguent, se classant systématiquement dans  les cinq premiers : Kleint et Michèle Mouton. La Grassoise  vient ainsi taquiner à deux reprises le vainqueur d’une  spéciale.

Porsche 924 GTS

A Monaco, Walter Röhrl se frotte les mains. Premier  avec 1’ 05” d’avance sur Kleint, 2’ 22” sur Fréquelin, 2’ 24”  sur Michèle Mouton, 4’ 38” sur Mikkola…, il pense que,  si la météo reste clémente, il peut vaincre. Pour l’instant,  les « deux roues motrices » dominent. Toutes celles des  « gros bras » sont classées dans les dix premiers. Seule, la   Ferrari d’Andruet – Mlle « Biche » est absente. Victime  d’une panne d’allumage d’abord, puis d’une violente sortie  de route dans la 6e spéciale, Andruet a abandonné.

Le parcours commun débute par un morceau de choix,  le Turini. Très glissant, il permet aux Audi équipées de  pneus lisses de se mettre en valeur. Michèle Mouton, très  en verve, signe le meilleur temps en battant Mikkola de 5”,  Fréquelin de 18”, Röhrl de 22”. Dans la spéciale suivante,  Pont-des-Miolans, stimulée par son récent exploit, elle  attaque de plus belle. Une plaque de verglas persistante  propulse l’Audi contre un mur à près de 100 km/h.  Mlles Mouton – Pons sont légèrement commotionnées. Il  faut savoir que les ouvreurs se sont vus interdire la route  par les représentants de l’ordre et n’ont donc pu effectuer  de reconnaissances. Les concurrents ont alors pris le départ  « au hasard », quant au choix des pneus. C’est pourquoi :  Röhrl, qui ouvre la route, se montre très prudent et réalise  un temps médiocre ; Thérier, grâce à ses dons bien connus  d’improvisation, réussit le scratch ; Malcher, émérite,  effectue le deuxième meilleur temps au volant d’une Audi  privée. Par la suite, la bataille fait rage entre Mikkola,  Fréquelin, Kleint et Röhrl, qui, toujours aussi décontracté  et confiant, contrôle la course. Toutefois, après huit victoires  de Mikkola, pour seulement trois de Röhrl qui, de plus, a  fait une grosse erreur de pneus (comme Saby) dans le  Burzet, le Finlandais n’est plus qu’à 1’ 44”. Fréquelin est  3e à 2’ 47”, Kleint devient 4e à 3’ 37” après avoir perdu sa  place de 2e dans la dernière spéciale, à cause d’une crevaison  l’ayant obligé à rouler huit kilomètres sur la jante, et Thérier  est 5e à 7’ 19”.

Saby et Safey sur R5 Turbo

Les deux premières spéciales du parcours final se  montrent bénéfiques pour Thérier. En effet, peu après la  première, remportée par Röhrl qui cherche d’entrée à  conforter son avance, Fréquelin est pénalisé de douze  minutes pour pouvoir réparer la courroie cassée de la pompe  à essence. Dans la deuxième, Kleint sort de la route à cause  d’une plaque de neige confectionnée par des inconscients  et termine avec une roue arrachée. La réparation lui coûte  une imposante pénalisation. Thérier, désormais loin derrière  Mikkola mais largement devant Fréquelin, assure sa fin de  rallye, tout comme Röhrl vainqueur néanmoins de quatre  spéciales. Fréquelin continue d’attaquer au point de s’imposer  avec brio à quatre reprises. Trois victoires reviennent  à Kleint, dont une est partagée avec Röhrl… et avec un  étonnant Snobeck.

La fin de ce 50e Rallye Monte-Carlo est monotone  puisque les positions ne peuvent changer à cause des trop  importants écarts entre les concurrents. Elle provoque  toutefois l’abandon du champion Waldegaard déçu, après  plusieurs crevaisons, de devoir lutter pour une place  subalterne.   La « sécheresse » donne ainsi aux excellents Röhrl – Geistdorfer et à Opel une victoire inattendue.

Porsche 911 SC

 

Opel ascona 3
Röhrl et Geistdorfer sur Opel Ascona 400

The regulations governing the groups in the rally changed.  Group 1 (series production touring cars – 5,000 models built  in 12 consecutive months) and Group 3 (series production  grand touring cars – 1,000 models built in 12 consecutive  months) disappeared. They were replaced by Group N (large  scale series production touring cars – 5,000 models), Group  A (series production touring cars – 5,000 models) and Group  B (grand touring cars – 200 models). Group 2 (touring cars 1,000  models built in 12 consecutive months) and Group 4  (grand touring cars – 400 models built in 24 consecutive months)  were retained on a temporary basis.

The 50th rally did not attract as rich a field as expected.  Many top rallymen such as Vatanen (reigning world champion),  Toivonen, Alen, Salonen, Kullang, Eklund, Ragnotti, Darniche,  Bettega, etc. were absent. However, some of the best drivers  were present including Mikkola and Michèle Mouton (310 bhp  Audi Quattros), Röhrl and Kleint in the 260 bhp Cosworth  prepared Opel Ascona 400s, Fréquelin, Thérier and Waldegaard  in Almeras prepared 300 bhp Porsche 911 SCs, Andruet’s  310 bhp 308 GTB Ferrari plus Saby and Snobeck in private  200 bhp Renault R5 turbos.   One reason for the lack of entries in this season-opener  was the absence of some Group B cars (the future kings of the  road) which were not yet ready but the main one was the entry  of the works Audi Quattros. Their 3 wins in 1981 (San Remo,  Sweden and the RAC) had frightened off their rivals helped  by the fact that the Monte Carlo rally was usually just the right  event for four-wheel drive vehicles.

Mikkola – Hertz sur Audi Quattro

This was not to be the case as the roads remained dry  throughout the rally giving the two-wheel drive cars their  chance. Right from the first specials of the classification route  Fréquelin, who complained about his Porsche’s set up, was  quickest together with Thérier and Röhrl. This was confirmed  by the results of the following 9 specials as the German won  6 plus a dead-heat while the Frenchman came home first in  the remaining two. The Audis only managed to win 2 (one a  dead-heat) thanks to Mikkola who was slowed by a puncture  resulting in a broken drive shaft. Two other drivers scored  consistent top five finishes : Kleint and Michèle Mouton who  finished second on 2 occasions.

In Monaco Walter Röhrl was a happy man as he led Kleint  by 1 min 5 secs, Fréquelin by 2 mins 22 secs, Mouton by  2 mins 24 secs and Mikkola by 4 mins 38 secs. If the weather  remained fine then he was in with a good chance of victory.  Two-wheel drive cars dominated for the moment with all those  in the hands of the top drivers in the first 10. The only one  missing was the Andruet – “Biche” Ferrari due to ignition   failure followed by a big accident in the 6th special which led  to its retirement.

The common route began with a formidable challenge in  the form of the Turini. It was very slippery and enabled the  Audis on slicks to show their pace. Michèle Mouton in sparkling  form was quickest 5 seconds ahead of Mikkola, 18 seconds in  front of Fréquelin with Röhrl 22 seconds in arrears. In the  following special, Pont-des-Miolans, she was really flat out  the Audi skidded on a sheet of ice and hit a wall at over  100 km/h. Misses Mouton and Pons were slightly concussed.  The scouts were not allowed to reconnoitre the stage by the  police and the choice of tyres by the drivers at the start was  a case of pot luck. This was why Röhrl, who was first away,  was very careful and set a mediocre time. Thérier, thanks to  his well-known adaptability, was the quickest and Malcher in  a private Audi came home an excellent second. After this the  battle raged between Mikkola, Fréquelin, Kleint and Röhrl who  controlled the rally in his usual relaxed and confident manner.  Nonetheless, after 8 wins for Mikkola as against 3 for the  German who like Saby made a completely wrong choice of tyres  in the Burzet special the Finn fought his way back to within  only 1 min 44 secs of the Opel. Then came Fréquelin some  2 mins 47 secs back with Kleint now 4th 3 mins 37 secs down  after losing his second place in the last special as a puncture  forced him to cover 8 kilometres on the rim and in 5th was  Thérier 7 mins 19 secs further back.

Porsche 924 GTS

The first 2 specials of the final section helped Thérier. Just  after the first won by Röhrl, who increased his lead right from  the start, Fréquelin was penalised 12 minutes as he had to  repair a broken fuel pump belt. In the second Kleint went off  because of a lump of snow put on the road by some idiots and  finished with a wheel ripped off. Repairs cost him a heavy  penalty. Thérier, now well behind Mikkola but ahead of  Fréquelin, just did the bare minimum to finish the rally as did  the winner, Röhrl who, nonetheless, came home first in 4  specials. Fréquelin continued to push and finished first on 4  occasions while Kleint scored a triple one of which was shared  with Röhrl and an amazing Snobeck.

Saby et Safey sur R5 Turbo

The end of the 50th Monte Carlo rally was a bit monotonous  as there were no changes in the leading positions due  to the gaps between the drivers. Waldegaard retired not far from  the end after several punctures and also because he was not  very happy at having to battle for a place among the tailenders.    Thus, the dry conditions gave Röhrl -Geistdorfer and Opel  an unexpected but well deserved victory.

Porsche 911 SC